Arnaud Adami a fait de l’usine industrielle le lieu privilégié de sa production picturale. « Travaillant réguliè­rement dans l’une d’entre elles, pour financer mes études, j’ai établi des ponts entre cette expérience et ma démarche artistique, notamment en développant un point de vue sociologique. Je cherche à retranscrire une perte de repères dans mes espaces picturaux, tel un ouvrier peut perdre ses repères lorsqu’il travaille. »

Une série de portraits au réalisme photographique représente des ouvriers, ses collègues, dont le regard direct et franc exprime une vérité brute.

Suite à son arrivée aux Beaux-Arts de Paris, son travail a pris une direction nouvelle. Arnaud Adami évoque le prolétariat contemporain lié à l’ubérisation : des portraits de livreurs, reprenant les poses clas­siques de l’histoire de l’art, dégagent une dignité royale, en contraste avec leur condition précaire.

De grandes toiles évoquent des figures de l’aristocratie, quand les moyens formats renvoient à un imaginaire religieux, et les tableautins réinventent la scène de genre ou la nature-morte. Arnaud Adami fait ressortir l’humanité profonde de ses modèles, dont les prénoms donnent leur titre aux œuvres.

Texte de Samuel Landée